Le Parthénon de Bâle
Introduction à la nouvelle présentation
Le Parthénon d’Athènes, temple consacré à Athéna, est probablement le monument le plus important de l’Antiquité. Construit sur le point le plus élevé de l’Acropole au temps de Périclès, entre 447 et 432 av. J.-C., il connut une histoire tourmentée au cours de ses 2500 ans d’existence.
Marqué par la guerre, le pillage, les intempéries et la pollution, le Parthénon ne se présente aujourd’hui au visiteur plus que sous forme de ruine. La plupart des sculptures et reliefs conservés furent dispersés dans les musées à travers le monde. Il en fut ainsi des fameux Elgin Marbles qui parvinrent, vers 1816, au British Museum par le biais de Lord Elgin. Au vingtième siècle, le restant du décor original fut prélevé du Parthénon et déposé au Musée de l’Acropole.
Entre 1969 et 1986, Ernst Berger (1928–2006) – ancien directeur du Musée des Antiquités et de la Skulpturhalle – réalisait des moulages en plâtre de tous les fragments décoratifs du Parthénon éparpillés dans le monde afin de les réunir dans une reconstitution complète. C’est ainsi que la Skulpturhalle devint l’unique endroit au monde où on peut contempler le projet sculptural et architectural du Parthénon dans son intégralité.

Image 1: La vieille présentation du Parthénon de Bâle.
Le critère esthétique ne fut de première importance lors de la restitution du décor par Ernst Berger. Il s’agissait avant tout de présenter l’œuvre d’art dans son aspect le plus complet quant à la cohérence, la composition et le concept d’origine afin de gagner une vision et une appréhension plus approfondie que celle obtenue lors d’une simple contemplation des fragments isolés au musée. Aidé du sculpteur bâlois Ludwig Stocker, Ernst Berger compléta les lacunes de la frise et remplaça les sculptures endommagées ou perdues des frontons par des représentations en polystyrène.
La monumentalité de ce projet sculptural dont le décor traverse l’édifice en entier ne permet malheureusement d’exposer les figures sculptées dans toute leur extension. Les frontons, la frise des petits côtés ainsi que les métopes encore conservées se trouvent alignés dans la partie latérale gauche de la salle d’exposition. Les frontons est et ouest – exposés dos à dos – sont complétés par les métopes respectives accrochées aux socles. Des triglyphes en polystyrène permettent de visualiser l’aménagement d’origine des métopes. Quant au métopes nord et sud des grands côtés, elles se trouvent sur la paroi rouge en face du fronton ouest. Les distances entre les triglyphes ne furent respectées par manque d’espace et il en va de même des lacunes des métopes perdues. Enfin, la frise est et ouest des petits côtés est installée sur la paroi de séparation en face du fronton est, tandis que la frise nord et sud des grands côtés est exposée au sous-sol à cause de sa longueur de 2x60 mètres environ.

Image 2: La nouvelle présentation du Parthénon de Bâle (Photo: Andreas Voegelin).
Grâce à une maquette 1:20 du Parthénon présentée dans les mêmes lieux, le visiteur gagne une vision parfaite de la cohérence du décor sculptural par rapport à l’architecture complète du temple.
Avec ce projet de restitution du Parthénon qui est exceptionnel et unique dans le monde, la Skulpturhalle possède une particularité qui confère à sa collection une renommée internationale.
© Skulpturhalle Basel 2010 (barmasse.org)
